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Élections en Haïti : l’IDA met en garde contre une précipitation aux lourdes conséquences28 décembre 2025

Alors que le pays demeure enlisé dans une crise sécuritaire et institutionnelle profonde, le parti Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) estime que toute tentative d’organiser des élections sans accord national préalable relèverait d’un dangereux mirage. Une position défendue avec fermeté par l’ancien sénateur Pierre Francky Exius, qui appelle à un sursaut collectif avant toute échéance électorale.
Dans un contexte marqué par l’effondrement de l’autorité publique, la violence armée et l’absence de repères institutionnels clairs, le parti Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) tire la sonnette d’alarme. Pour cette formation politique, l’organisation d’élections dans les conditions actuelles ne ferait qu’aggraver la crise, plutôt que d’y apporter une solution durable.
Intervenant au nom de l’IDA, l’ancien sénateur Pierre Francky Exius a réaffirmé la nécessité d’un accord politique national, qu’il considère comme un passage obligé avant toute consultation populaire crédible. Selon lui, l’absence de consensus interne affaiblit la souveraineté du pays et ouvre la voie à des décisions dictées de l’extérieur.
« Tant que les Haïtiens ne s’entendront pas entre eux sur un minimum de règles et de priorités, d’autres continueront à décider à leur place », a-t-il averti, plaidant pour un dialogue national large, transparent et réellement inclusif.
Quel leadership après la transition actuelle ?
À l’approche de la fin annoncée du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le 7 février 2026, Pierre Francky Exius s’est également prononcé sur le type de leadership dont le pays aura besoin. À ses yeux, la prochaine étape exige des responsables capables de rassembler au-delà des clivages traditionnels, autour d’un projet national clair et partagé.
Toutefois, l’IDA ne cache pas son adhésion à l’idée d’une transition de rupture, limitée dans le temps mais assumée, afin de rompre avec les pratiques ayant conduit à l’impasse actuelle. Cette phase intermédiaire, selon le parti, doit permettre de restaurer un minimum de stabilité avant d’envisager des élections véritablement démocratiques.
Pour l’ancien parlementaire, parler d’élections dans un climat dominé par les gangs armés et la peur relève davantage du discours politique que d’une démarche réaliste.
Rétablir la sécurité, condition non négociable
S’il réaffirme son attachement au retour à l’ordre constitutionnel, Pierre Francky Exius insiste sur une priorité absolue : la sécurité. Sans elle, aucune élection ne peut être libre, équitable ni crédible. Le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire doit, selon lui, constituer l’axe central de toute nouvelle transition.
Il a par ailleurs critiqué la multiplication des transitions politiques, qu’il décrit comme un cycle improductif profitant à une minorité, tout en accentuant la précarité et l’insécurité pour la majorité de la population.
« On a trop souvent remplacé une transition par une autre, sans résultats concrets. Pendant ce temps, le pays s’enfonce », a-t-il regretté.
Un espace d’échange citoyen pour réfléchir à l’avenir
Ces différentes positions ont été exprimées lors d’une rencontre citoyenne organisée le samedi 27 décembre 2025 à l’Hôtel Oasis, autour d’une réflexion collective sur l’avenir d’Haïti. L’activité, tenue dans une ambiance conviviale de fin d’année, a réuni près d’une centaine de participants issus de divers horizons.
Le coordonnateur général de l’IDA, Jean Michelet Simplice, en a profité pour souligner l’importance de la formation politique, en particulier chez les jeunes. Selon lui, aucun projet politique sérieux ne peut voir le jour sans un investissement durable dans l’éducation civique et la communication stratégique.
« Construire un parti crédible passe par la préparation des femmes et des hommes appelés à le porter », a-t-il affirmé.
Une prise de position assumée
Au-delà du débat d’idées, cette rencontre visait également à mieux faire connaître l’IDA sur la scène nationale. Jean Michelet Simplice a tenu à rappeler que les principaux dirigeants du parti ne sont visés par aucune sanction internationale liée à la corruption ou à des liens avec des groupes armés, un élément que l’IDA met en avant dans un climat de profonde méfiance envers la classe politique.
Aux côtés de Pierre Francky Exius et de Jean Michelet Simplice, le parti compte notamment Jacques Ambroise, secrétaire général adjoint, parmi ses cadres dirigeants.
Pour l’IDA, le message est clair : sans sécurité réelle, sans accord politique national et sans rupture avec les transitions improductives du passé, aucune élection ne pourra permettre à Haïti de sortir durablement de la crise. Toute autre approche, avertit le parti, risquerait de plonger le pays dans une instabilité encore plus profonde.

La rédaction #Levoiciinfo

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