Accueil / Breves / Brèves / Haïti : un pays en guerre silencieuse, où la survie devient un luxeEn seulement six mois, Haïti a connu une escalade de violence sans précédent. Selon des rapports récents, plus de 2 680 personnes ont été tuées, près de 1 000 blessées et plus de 300 enlevées, tandis que 1,3 million d’Haïtiens sont contraints de fuir les fusillades pour survivre, souvent sous des bâches de fortune.

Haïti : un pays en guerre silencieuse, où la survie devient un luxeEn seulement six mois, Haïti a connu une escalade de violence sans précédent. Selon des rapports récents, plus de 2 680 personnes ont été tuées, près de 1 000 blessées et plus de 300 enlevées, tandis que 1,3 million d’Haïtiens sont contraints de fuir les fusillades pour survivre, souvent sous des bâches de fortune.

Au total, plus de 3 000 morts et 1,3 million de déplacés, dont la moitié sont des enfants, témoignent de l’ampleur dramatique de cette crise.
L’éducation elle-même est paralysée : 1 600 écoles ont fermé leurs portes, privant des milliers d’enfants de tout accès à l’instruction. La situation dépasse désormais le cadre d’une simple crise : c’est une guerre non déclarée contre la population. L’ONU décrit la situation comme un “Far West” et un “enfer sur terre”, soulignant comment gangs, groupes d’autodéfense et même certains fonctionnaires armés agissent en véritables prédateurs dans des territoires abandonnés par l’État.
La violence redessine la géographie du pays : le nombre de camps de déplacés a quasiment doublé en six mois, passant de 142 à 246 sites, et des villages entiers sont vidés par les attaques de gangs tels que Kokorat san ras à Dessalines et Verrettes. Haïti fait désormais partie des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire, avec 5,5 millions de personnes en situation de faim aiguë. Chaque jour, 27 femmes et filles sont violées en moyenne, dont de nombreux cas impliquant des enfants, représentant jusqu’à 50% des victimes.
Face à ce désastre, le Plan de réponse humanitaire 2026 prévoit de mobiliser 880 millions de dollars, uniquement pour éviter l’effondrement complet. Pendant ce temps, la transition gouvernementale aligne conférences de presse et discours sur la “normalisation”, masquant l’ampleur de la désorganisation et du chaos dans le pays. Les gangs ne sont plus un simple symptôme : ils forment désormais la véritable pyramide de commandement territorial, arbitrant conflits, collectant l’impôt et distribuant aide et couvre-feux.
Sur le terrain, l’État est absent : plus aucun gardien, juge ou enseignant n’est envoyé dans certaines zones. Le droit fondamental de vivre en sécurité n’est plus garanti, dépendant de la géographie d’un quartier ou du nom d’une famille. Oui, l’État existe encore sur les papiers et dans les réseaux sociaux, mais il a abdiqué sur le terrain.
Haïti n’est plus seulement en crise. Elle est plongée dans une guerre silencieuse, où survivre est devenu le quotidien de millions d’hommes, de femmes et d’enfants.

La rédaction !

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