Accueil / Politique / Transition politique en Haïti : une alerte sévère face au risque de confiscation du pouvoir

Transition politique en Haïti : une alerte sévère face au risque de confiscation du pouvoir

Alors que la transition politique haïtienne entre dans une phase déterminante, les inquiétudes autour de son issue se multiplient. Dans une déclaration rendue publique au début du mois de janvier, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a exprimé une position sans ambiguïté face aux signaux laissant présager une volonté de maintien au pouvoir du Conseil présidentiel de transition (CPT) au-delà du délai annoncé.


L’organisation pointe directement la responsabilité du président du CPT, Laurent Saint-Cyr, qu’elle soupçonne de manœuvres destinées à prolonger son mandat, malgré un contexte marqué par des échecs répétés sur les plans sécuritaire, institutionnel et politique. Pour le RHAJAC, une telle orientation constituerait une rupture grave avec l’esprit même de la transition, censée être limitée dans le temps et exclusivement tournée vers le retour à l’ordre démocratique.


Depuis l’installation du CPT, les attentes de la population étaient claires : restaurer un minimum de sécurité, rétablir la confiance dans les institutions publiques et créer les conditions nécessaires à des élections crédibles. Or, selon le réseau, la réalité observée sur le terrain est tout autre. L’insécurité continue de paralyser de larges zones du pays, les structures étatiques demeurent fragilisées et les mécanismes de redevabilité restent largement inexistants.
Dans ce climat, toute tentative de prolongation de la transition est perçue comme une dérive dangereuse. Le RHAJAC estime qu’aucune justification politique ou juridique ne saurait légitimer le maintien en fonction des conseillers-présidents après l’échéance fixée. La date du 7 février 2026 est présentée comme une ligne de rupture claire, au-delà de laquelle la transition perdrait toute légitimité.


Le réseau met également en garde contre les conséquences d’un tel scénario. Prolonger un pouvoir provisoire déjà contesté risquerait, selon lui, d’aggraver la défiance populaire, d’alimenter l’instabilité nationale et de renforcer le sentiment d’impunité qui gangrène la gouvernance publique. Pour une population éprouvée par des années de crise, cette perspective apparaît comme un facteur supplémentaire de frustration et de désillusion.


Au cœur de cette prise de position se trouve une revendication centrale : le respect de la volonté populaire. Le RHAJAC rappelle que les Haïtiens aspirent avant tout à vivre dans un environnement sécurisé, à être gouvernés par des autorités responsables et à retrouver le droit fondamental de choisir leurs dirigeants à travers des élections libres et transparentes.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’un bilan clair de la gestion transitoire. Pour elle, le départ du CPT doit s’accompagner d’une exigence de reddition de comptes sur les décisions prises, les ressources utilisées et les conséquences de cette gouvernance sur la situation nationale.
S’exprimant au nom du réseau, Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, réaffirme l’engagement de l’organisation en faveur de la vérité, de la responsabilité publique et du respect des principes démocratiques. Il souligne que la transition ne peut devenir une fin en soi et que le pays ne peut rester indéfiniment prisonnier de dirigeants sans mandat populaire.
À l’heure où l’échéance de février 2026 se profile, l’appel du RHAJAC résonne comme un avertissement solennel. Pour éviter une nouvelle impasse politique, le réseau estime qu’Haïti doit impérativement tourner la page d’une transition prolongée et engager, sans détours ni arrangements, le processus menant au rétablissement d’une gouvernance légitime et démocratique.

La rédaction Levoiciinfonews

Sign Up For Daily Newsletter

Stay updated with our weekly newsletter. Subscribe now to never miss an update!

[mc4wp_form]

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *