
Le vendredi 9 janvier 2026 restera dans les mémoires des habitants du Cap-Haïtien comme le jour où la frontière entre l’autorité et l’arbitraire a été franchie. Sur le boulevard de Carénage, un commissaire du gouvernement, Me Eno Zéphirin, s’est retrouvé au centre d’une scène filmée et devenue virale : un homme menotté et maîtrisé par les agents de sécurité du magistrat a été frappé et giflé sous l’œil des caméras, avant d’être placé en garde à vue dans des conditions jugées illégales.
Pour le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC), ces actes constituent une violation flagrante de la loi et des principes fondamentaux de l’État de droit. Dans une note d’alerte rendue publique ce 11 janvier 2026, l’organisation exige la révocation immédiate du commissaire du gouvernement, ainsi que l’ouverture de poursuites judiciaires et le dédommagement intégral de la victime.
Une opération de démolition au cœur des tensions
Depuis plusieurs semaines, la délégation départementale du Nord mène au Cap-Haïtien une série d’opérations visant à démolir des entreprises jugées non conformes aux normes légales. Ces interventions ont provoqué incompréhensions et frustrations parmi les commerçants, certains dénonçant un traitement arbitraire et musclé.
C’est dans ce contexte que l’altercation survenue sur le boulevard de Carénage a éclaté. Le magistrat affirme avoir été agressé, mais les images vidéo montrent un tout autre scénario : l’individu est déjà menotté et immobilisé, ne représentant plus aucune menace.
La violence d’un geste qui choque
Pour de nombreux habitants et observateurs, la scène est glaçante. Voir un magistrat frapper une personne déjà maîtrisée et sous contrôle d’agents de sécurité remet en question le rôle même de la justice. Le geste dépasse le cadre légal et révèle un abus de pouvoir qui fragilise la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires.
Le RHAJAC souligne qu’aucune situation de légitime défense ne peut justifier l’action du commissaire du gouvernement. Au contraire, il s’agit d’une substitution de la justice par l’autorité individuelle, un acte formellement prohibé par la loi.
Des demandes claires et une alerte pour tous
Face à cette dérive, le RHAJAC exige :
• La révocation immédiate de Me Eno Zéphirin,
• L’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre,
• Le dédommagement intégral de la victime pour les préjudices physiques, moraux et matériels.
« Nul n’est au-dessus de la loi », rappelle l’organisation, avertissant que tolérer de tels comportements reviendrait à consacrer l’impunité et l’arbitraire, au détriment de l’État de droit et de la sécurité juridique des citoyens.
Un message à la société et aux autorités
Cette affaire dépasse largement la personne de Me Eno Zéphirin. Elle soulève une question essentielle : comment garantir la confiance des citoyens envers la justice lorsque ceux chargés de l’appliquer semblent eux-mêmes s’y soustraire ?
La réaction des autorités compétentes dans les jours à venir sera observée de près par la société civile et par les habitants du Cap-Haïtien. Elle déterminera si la justice peut encore se montrer impartiale et respectueuse de ses propres règles, ou si elle restera vulnérable aux dérives d’un pouvoir mal exercé.
Gilbert Cicéron # Levoiciinfonews

