Alors qu’une partie des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) s’est réunie ce vendredi 23 janvier 2026 pour exposer les détails d’une résolution interne visant à mettre fin aux fonctions du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le flou persiste. Cette offensive de communication, lancée en pleine tension à l’approche de l’échéance du 7 février, tente de préparer l’opinion à un changement de cap, bien que le coordonnateur Laurent Saint-Cyr n’ait pas encore apposé le sceau final à cette décision.
Réunis en conférence de presse à la Villa d’Accueil, certains membres du Conseil ont profité de l’occasion pour clarifier leur position. Edgard Leblanc Fils et Leslie Voltaire ont ainsi présenté un acte de révocation soutenu par une majorité de cinq conseillers sur sept. Cette démarche est avancée comme une nécessité absolue pour débloquer l’impasse institutionnelle avant le 7 février, une échéance perçue comme un test majeur pour la survie et la stabilité de la transition actuelle.
L’argumentaire développé par Leslie Voltaire repose sur le principe de parallélisme des formes : le CPT ayant procédé à la nomination d’Alix Didier Fils-Aimé, il estime détenir la légitimité nécessaire pour réorganiser l’exécutif. L’objectif affiché est de garantir une transition ordonnée et de préparer l’après-7 février, face à l’absence de consensus clair au sein de la classe politique sur la direction à prendre après cette échéance.
Le Conseil a souligné que, malgré de multiples sessions de travail ces derniers mois, les regroupements politiques n’ont pas encore soumis de proposition unifiée pour la gouvernance future. En conséquence, le CPT a intensifié ses échanges avec la société civile et les partis, affirmant que tous les postes de l’exécutif doivent faire l’objet de nouvelles discussions pour débloquer l’impasse actuelle.
Tout en reconnaissant l’existence de pressions extérieures favorables au maintien du chef du gouvernement, le CPT cherche à sensibiliser la population sur la nécessité d’une « solution haïtienne ». Si le Conseil réitère son besoin de soutien international, particulièrement dans la lutte contre l’insécurité, il soutient que les choix politiques majeurs doivent rester une prérogative nationale.
De son côté, Edgard Leblanc a rappelé les dispositions du décret constitutif prévoyant un délai de trente jours pour désigner un nouveau chef de gouvernement intérimaire. Cette période doit permettre, selon lui, de définir des priorités claires en matière de sécurité et de relance institutionnelle avec l’ensemble des forces vives de la nation.
Le contraste était saisissant ce vendredi : pendant que ces conseillers s’efforçaient de convaincre la population de la fin imminente du gouvernement, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, s’affichaient côte à côte lors de la graduation de la 35e promotion de la PNH. Ce décalage souligne la complexité d’une résolution qui, bien que votée par une majorité, attend toujours l’aval de sa propre coordination pour devenir un acte officiel de l’État.
La rédaction Levoiciinfonews












