Accueil / Politique / Rameau Normil ne comparaîtra pas devant le juge Voltaire ; la défense saisit la Cour de cassation

Rameau Normil ne comparaîtra pas devant le juge Voltaire ; la défense saisit la Cour de cassation

Invité à l’émission « L’Espace-Vérité », animée par Gilbert Ciceron sur Radio Sans Fin, ce lundi 2 février 2026, l’avocat Camille Leblanc a formellement rejeté les accusations faisant état d’une disparition de munitions au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH). Il a également annoncé que l’ancien directeur général de la PNH, Rameau Normil, ne répondra pas à la convocation du juge d’instruction Walther W. Voltaire, dénonçant une procédure qu’il qualifie d’irrégulière et assimilable à une « persécution ».

Selon Maître Leblanc, aucun dossier officiel ne fait état d’un vol d’armes ou de munitions durant la période de gestion de Rameau Normil. Les allégations évoquant la disparition d’environ un million de cartouches relèveraient, d’après lui, de simples rumeurs sans fondement documentaire.

L’avocat précise par ailleurs que les rapports onusiens cités dans le débat public ne concernent pas Haïti, mais des dossiers liés à la République dominicaine. Il dénonce une tentative de récupération et accuse certains acteurs de faire des amalgames infondés pour discréditer l’ancienne direction de la PNH.

Maître Leblanc met également en cause la crédibilité de certains activistes, citant notamment Rony Timothée. Il rappelle que ce dernier n’exerce aucune fonction au sein de la logistique de la PNH et ne disposerait donc pas des compétences requises pour attester de pertes d’équipements ou de munitions.

Pour la défense, si une disparition réelle avait été constatée, un rapport administratif interne aurait nécessairement été établi, impliquant les responsables concernés. Or, à ce jour, aucune rapport officiel de la PNH ne confirme l’existence d’un tel incident.

L’avocat reconnaît toutefois un seul cas documenté : une tentative de vol impliquant une employée de la PNH et son conjoint. Les deux individus avaient été immédiatement interpellés, ce qui, selon lui, démontre l’efficacité des mécanismes de contrôle internes de l’institution.

Concernant la convocation prévue pour ce mardi 3 février 2026, Maître Leblanc confirme que Rameau Normil ne se présentera pas devant le juge Voltaire. Actuellement Ministre conseiller à Washington, l’ex-DG de la PNH conteste la forme et le délai de la convocation, jugés tardifs et contraires aux usages diplomatiques.

Une requête en dessaisissement déposée

Le document officiel, daté du 2 février 2026, révèle que les avocats ont saisi la Cour de Cassation pour dessaisir le juge Walther W. Voltaire. Ils invoquent l’article 429 du Code d’instruction criminelle, estimant que le magistrat fait preuve d’une partialité flagrante et d’un acharnement injustifié.
L’hypothèse de représailles des réseaux criminels

Selon le document, cette affaire serait une « fabrication » orchestrée par des réseaux criminels puissants. Ces derniers chercheraient à se venger des saisies record de stupéfiants (notamment 1 045 kg en juillet 2025) effectuées sous l’administration de M. Normil, en instrumentalisant la justice.

La défense souligne une incohérence temporelle majeure : le juge Voltaire se baserait sur des faits ou des rapports de l’ONUDC antérieurs à la nomination de Rameau Normil à la tête de la PNH. Pour les avocats, imputer ces faits à leur client constitue une « confusion chronologique grave ».

Le document rapporte que lors des auditions de trois autres hauts responsables policiers, aucune question relative à la vente illégale de cartouches ne leur a été posée. Pourtant, c’est précisément le motif de l’instruction, ce qui démontre, selon la défense, une conduite à charge et opaque du dossier.

En s’appuyant sur la Convention de San José de Costa Rica, les avocats rappellent que tout citoyen a droit à un juge indépendant. Ils estiment que la précipitation du juge Voltaire et la diffusion d’informations orientées sur les réseaux sociaux compromettent définitivement la sérénité du procès.

Rameau Normil ne se présentera pas le 3 février, non par volonté de fuir la justice, mais pour exiger le respect de la loi. La défense argue qu’il est impossible de répondre à une convocation reçue le 30 janvier pour une comparution prévue seulement trois jours plus tard, alors que l’intéressé réside à l’étranger.

La requête demande formellement à la Cour de Cassation de désigner un nouveau juge d’instruction. La défense espère ainsi obtenir une « saine et impartiale distribution de la justice », loin des pressions politiques et des intérêts des gangs armés.

La rédaction Levoiciinfonews

Sign Up For Daily Newsletter

Stay updated with our weekly newsletter. Subscribe now to never miss an update!

[mc4wp_form]

Répondre