L’ancien sénateur Dieupie Cherubin et Vice-président du Mouvement pour la Réconciliation et la Reconstruction Nationale (MORN a dénoncé, mardi 10 février 2026, l’ingérence des acteurs internationaux dans la vie politique haïtienne. Il s’exprimait sur les ondes de Radio Sans Fin (RSF), à l’émission Espace-Vérité animée par Gilbert Ciceron. Il a notamment critiqué ce qu’il qualifie d’imposition du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il considère comme déjà révoqué à la tête du pays.
Tout en maintenant fermement sa position, Dieupie Cherubin a estimé que cette situation s’apparente à une mise sous tutelle d’Haïti, menaçant gravement l’État de droit. Il a également déploré le silence de plusieurs acteurs nationaux qui, selon lui, privilégient leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la nation.
L’ancien parlementaire a rappelé que ce n’est pas la première fois que des ambassadeurs américains en Haïti outrepassent leurs limites. Il a cité le cas d’un diplomate ayant publiquement déclaré à la radio, sous le gouvernement d’Ariel Henry, qu’aucune transition ne serait envisagée et que ce dernier organiserait les élections. Or, a-t-il souligné, les faits ont par la suite démontré l’incohérence de ces déclarations, Ariel Henry ayant finalement quitté le pouvoir. Pour Dieupy Chérubin, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé devrait tirer des leçons de ces précédents historiques.
Selon lui, même avec le soutien de partenaires étrangers, un dirigeant ne peut gouverner sans l’adhésion du peuple, de la classe politique et sans un large consensus national. « C’est Haïti qu’il dirige, pas les États-Unis », a-t-il martelé, appelant à une entente nationale autour de la gestion de la transition.
Dieupie Cherubin par ailleurs estimé qu’il est illusoire d’organiser des élections dans le contexte actuel. Il a mis en garde contre l’organisation d’un scrutin sans légitimité, dans un pays plongé dans l’insécurité, la précarité et les conflits politiques. Pour lui, seules des élections crédibles, inclusives et bien préparées peuvent sortir le pays de l’impasse.
Il a enfin rappelé la gravité de la situation sociale, soulignant que la population est à bout, confrontée à la misère, à l’insécurité et à un risque accru d’effondrement de l’État. Au-delà de la question alimentaire, il a insisté sur l’importance de la dignité et de la fierté du peuple haïtien.
Dans ce contexte, Dieupie Cherubin a réaffirmé la primauté des intérêts d’Haïti sur toute considération personnelle ou étrangère. Il a vivement critiqué certains responsables qu’il accuse de manque de courage et d’intégrité, estimant que leur attitude a affaibli la souveraineté nationale. Il a notamment reproché à des membres du Conseil présidentiel de transition d’avoir reculé après avoir voté en faveur du remplacement du Premier ministre, sous la pression internationale.

Tout en pointant le soutien étranger dont bénéficierait Alix Didier Fils-Aimé, l’ancien sénateur l’a exhorté à reconnaître sa révocation et à convoquer un dialogue national inclusif. L’objectif, a-t-il conclu, est de légitimer une autorité de transition capable de conduire le pays vers des élections crédibles, qu’il considère comme l’enjeu central pour l’avenir d’Haïti.
Gesnel Moïse/ Le Voici Info News











