À travers une déclaration publiée le lundi 9 février 2026, l’Organisation des États Américains (OEA) a réaffirmé son engagement aux côtés d’Haïti, à l’heure où le pays entre dans une phase intérimaire jugée décisive, marquée par la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition et la préparation d’élections nationales dans un contexte sécuritaire encore fragile.
Une transition institutionnelle sous supervision internationale
Dans son communiqué de référence F-019/26, l’OEA rappelle que le mandat du Conseil présidentiel de transition a pris fin le 7 février 2026. Conformément aux dispositions constitutionnelles, la direction de l’État est désormais assurée par le Premier ministre Didier Fils-Aimé et son gouvernement, appelés à conduire une période intérimaire « courte, ciblée et clairement orientée ».
Cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement de la Réunion consultative tenue le 2 février et de la Déclaration conjointe publiée le 4 février, qui avaient déjà posé les jalons d’une transition recentrée sur la restauration de l’autorité publique et la relance du processus électoral.
Sécurité et élections, deux priorités indissociables
L’OEA souligne que cette phase intérimaire doit se concentrer prioritairement sur l’amélioration de l’environnement sécuritaire et sur l’avancement des préparatifs électoraux, conformément au calendrier déjà annoncé. À cet effet, l’organisation régionale indique apporter un appui technique à la Police nationale d’Haïti, ainsi qu’un soutien financier à l’Office national d’identification, deux institutions clés dans la perspective de scrutins crédibles.
La question sécuritaire demeure toutefois centrale. L’organisation régionale estime que les chefs de gangs et leurs soutiens ne sauraient être tolérés comme acteurs de fait du paysage politique et social, au risque de compromettre durablement la stabilité nationale. Il insiste sur la nécessité d’un déploiement rapide et efficace de la Force de répression des gangs, conformément à la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Dans cette optique, Elle réaffirme son engagement pour un soutien international « continu, soutenu et coordonné », non seulement durant la période de transition définie, mais également au-delà, afin de consolider les acquis institutionnels.
Une approche haïtienne comme condition de durabilité
L’OEA insiste enfin sur le caractère indispensable d’une approche « dirigée par les Haïtiens et appropriée par les Haïtiens ». Elle appelle à la mise en place de mécanismes réguliers et structurés de consultation et de dialogue nationaux, susceptibles de favoriser l’unité et de créer un cadre politique stable et inclusif.
Cette insistance sur l’appropriation nationale traduit la volonté de l’organisation de rompre avec les solutions perçues comme imposées de l’extérieur, souvent critiquées pour leur manque de durabilité.
Gilbert Cicéron pour Levoiciinfonews.













