Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) s’élève contre le décret du 1er décembre 2025 relatif à la Haute Cour de Justice, qu’il considère comme une entrave à la lutte contre l’impunité. Selon l’organisation, ce texte crée un mécanisme procédural qui pourrait protéger les anciens membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) et d’autres hauts responsables publics visés par des accusations de corruption.

Le décret instaure une saisine automatique de la Haute Cour de Justice, dessaisissant les juridictions ordinaires. Or, en l’absence de Parlement, cette institution ne peut être constituée, ce qui bloque de facto les poursuites. Pour le RHAJAC, ce vide institutionnel transforme une exigence constitutionnelle en « instrument d’impunité », paralysant les dossiers sensibles liés à des détournements de fonds ou abus de pouvoir.
Plusieurs anciens membres du CPT font l’objet de graves accusations publiques. Dans ce climat, le RHAJAC estime que le décret agit comme un « écran procédural » destiné à retarder ou neutraliser l’action judiciaire. Toutefois, l’organisation rappelle que la Constitution prévoit bien la compétence de la Haute Cour de Justice pour juger les grands commis de l’État, mais souligne que l’absence de Chambre des députés et de Sénat rend ce mécanisme inopérant.
Le RHAJAC demande au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’abroger immédiatement le décret et de garantir la continuité des poursuites judiciaires contre tout responsable public, ancien ou en fonction. « Aucun vide institutionnel ne doit servir de refuge à ceux qui ont exercé le pouvoir », insiste l’organisation, qui réaffirme sa mobilisation pour la transparence et la redevabilité en Haïti.Djovany Michel, Secrétaire général du RHAJAC
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