Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a publié une résolution interdisant aux magistrats de s’impliquer dans des activités politiques, sous peine de sanctions. Cette décision intervient alors que plusieurs partis proposaient qu’un juge de la Cour de cassation prenne la relève du Conseil présidentiel de transition (CPT), malgré le soutien affiché de la communauté internationale au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
L’initiative du 24 Avril et le parti Zansèt Ayiti figuraient parmi les formations politiques favorables à une transition dirigée par la Cour de cassation, notamment par son président, le juge Jean-Joseph Lebrun. Pour Djina Guillet Delatour, membre de l’initiative du 24 Avril, la résolution du CSPJ traduit une manœuvre de déstabilisation politique. Elle dénonce des « artisans du chaos » qui saboteraient les réformes judiciaires et compromettraient les efforts de reconstruction nationale.
À l’inverse, Me Lucnas Étienne, président de Zansèt Ayiti, a salué la décision du CSPJ, estimant qu’elle rappelle aux magistrats leur devoir d’impartialité. Selon lui, aucun parti n’a la légitimité de désigner un juge pour diriger l’exécutif après le départ du CPT. Il reconnaît toutefois que, dans la pratique politique haïtienne, la Cour de cassation est souvent perçue comme une solution de consensus en période de crise.
L’article 149 de la Constitution de 1987 prévoit que le choix d’un juge pour combler un vide présidentiel doit passer par l’Assemblée nationale, une procédure impossible dans le contexte actuel. Faute de consensus politique, cette option reste bloquée. Le CSPJ insiste sur la nécessité de préserver la neutralité de la justice, rappelant que la Cour de cassation a déjà été fragilisée par des ingérences politiques dans le passé.
Au-delà des débats institutionnels, la communauté internationale continue de soutenir le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, tout en l’exhortant à engager un dialogue politique. Pour Me Étienne, la priorité demeure la stabilité nationale et la résolution de la crise sécuritaire avant toute perspective électorale.
La rédaction Levoiciinfonews













