Éditorial de l’Institut Dessalinien — 27 février 2026
Le kidnapping est devenu l’une des blessures les plus profondes infligées à notre nation. Chaque enlèvement n’est pas seulement un crime : c’est une attaque contre la dignité humaine, contre la confiance collective, contre l’idée même de République. Mais lorsqu’apparaissent des soupçons d’implication ou de complicité au sein même des forces censées protéger la population, la crise change de dimension : elle devient institutionnelle.
L’Institut Dessalinien affirme avec gravité : la sécurité publique repose avant tout sur la confiance. Sans confiance, l’uniforme perd son autorité morale. Sans intégrité, l’État perd sa légitimité.
Nous ne sommes pas ici pour accuser sans preuve. Nous sommes ici pour exiger des faits, des enquêtes indépendantes et des résultats transparents. Dans une démocratie digne de ce nom, toute allégation crédible doit être examinée avec rigueur, sans protection corporatiste, sans intimidation des témoins, sans manipulation politique.
Lorsque des citoyens commencent à craindre ceux qui portent l’insigne de la loi, c’est le contrat social lui-même qui vacille.
L’héritage dessalinien nous enseigne une chose essentielle : l’autorité n’a de valeur que si elle sert le peuple. Le pouvoir n’est pas un privilège, il est une responsabilité. Tout agent public, quel que soit son rang, doit répondre de ses actes devant la nation.
Nous demandons :
• La mise en place d’enquêtes indépendantes et impartiales sur toute accusation crédible.
• La protection effective des lanceurs d’alerte et des témoins.
• Des sanctions exemplaires en cas de culpabilité établie.
• Une réforme structurelle visant à renforcer les mécanismes de contrôle interne et externe.
La lutte contre le kidnapping ne peut réussir si l’ombre du doute plane sur les institutions de sécurité. La transparence n’affaiblit pas l’État ; elle le purifie. La justice ne menace pas la police ; elle la grandit.
Nous appelons les autorités compétentes à agir avec fermeté et responsabilité. Nous appelons les citoyens à refuser la peur et à exiger des comptes dans le respect de la loi. Nous appelons chaque serviteur de l’État à se souvenir que l’uniforme n’est pas un bouclier contre la justice, mais un symbole d’engagement envers elle.
Le silence protège les criminels.
La vérité protège la nation.
Théodule Paul
Président de l’Institut Dessalinien
La rédaction Levoiciinfonews






