La Chambre constitutionnelle de la Cour suprême du Venezuela a ordonné que la vice-présidente Delcy Rodríguez assume les fonctions de présidente par intérim en raison de l’absence de Nicolás Maduro. Cette décision, présentée comme une mesure de continuité institutionnelle, intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et d’incertitude sur l’avenir du pouvoir exécutif vénézuélien.
Figure centrale du régime chaviste, Delcy Rodríguez est l’une des personnalités les plus influentes de l’appareil d’État. Juriste de formation, elle a occupé plusieurs postes stratégiques au sein du gouvernement avant d’être nommée vice-présidente. Elle a notamment été impliquée dans la gestion des dossiers économiques et énergétiques alors que le pays faisait face à un effondrement économique sans précédent.
Selon plusieurs observateurs, son profil plus pragmatique sur le plan économique aurait inspiré une certaine confiance à l’administration Trump, notamment en raison de réformes perçues comme plus favorables au marché après des années de politiques interventionnistes. Ces signaux ont été interprétés comme une tentative de stabilisation économique et de relance partielle du secteur pétrolier, vital pour le Venezuela.
Cette image contraste toutefois avec sa situation sur la scène internationale. Delcy Rodríguez est actuellement visée par des sanctions imposées par les États-Unis, le Canada et l’Union européenne. Ces mesures, qui incluent des gels d’avoirs et des restrictions de déplacement, lui sont reprochées en raison de son rôle présumé dans la répression de la dissidence politique et dans l’affaiblissement des institutions démocratiques du pays.
La nomination de Delcy Rodríguez à la présidence par intérim illustre ainsi les contradictions du moment vénézuélien : une volonté affichée de continuité et d’ouverture économique partielle, face à une profonde crise de légitimité politique et à une pression internationale persistante. L’évolution de la situation dépendra désormais de la réaction des acteurs internes, mais aussi de la position que choisiront d’adopter les principales puissances étrangères.
Gilbert Cicéron #levoiciinfonews

