Invité de l’émission Le Point sur Radio Télé Métropole le 7 janvier 2025, le Conseiller-Président Smith Augustin a défendu une approche pragmatique et inclusive face à la crise politique en Haïti. À l’approche du 7 février, date considérée comme le terme du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), il estime que la sortie de crise doit être haïtienne, sans interférence étrangère, tout en garantissant le renforcement des forces de sécurité et la poursuite du processus électoral.
Pour Smith Augustin, l’urgence n’est pas une rupture brutale, mais la préservation du dialogue politique, condition essentielle pour éviter une nouvelle phase d’instabilité institutionnelle. Selon lui, Haïti peut encore sauver ce dialogue à condition que les acteurs politiques mettent de côté leurs ambitions personnelles et privilégient l’intérêt national.
Le débat sur l’après 7 février 2026, reste marqué par de profondes divisions. Plusieurs acteurs semblent davantage attachés à leurs intérêts individuels qu’à la recherche d’une solution durable. Jusqu’à présent, aucun consensus clair n’a émergé.
Certaines voix plaident pour l’intervention de la Cour de cassation, d’autres pour un rôle accru de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) ou encore pour d’autres formules alternatives. Mais aucune de ces options ne fait l’unanimité, ce qui reflète l’absence d’un cadre politique commun et accentue l’incertitude.
Dans ce contexte, Smith Augustin met en garde contre les conséquences d’un départ du CPT le 7 février sans accord préalable. Une telle rupture pourrait créer un vide de pouvoir, affaiblir l’autorité de l’État et aggraver l’insécurité. Dans un pays déjà confronté à une crise humanitaire et à une insécurité généralisée, une transition non maîtrisée risquerait de compromettre les efforts de stabilisation et d’organisation des élections.
Pour lui, la solution doit être trouvée avec le CPT et non contre lui. Bien qu’imparfait, le Conseil reste selon Smith Augustin un espace nécessaire pour un dialogue national inclusif.
Le conseiller-président insiste sur le fait que le renforcement des forces de sécurité, la relance du processus électoral et la stabilisation politique ne peuvent se faire dans la précipitation ni sous pression extérieure. Il appelle à une responsabilité collective pour privilégier l’intérêt national sur les agendas personnels.
En définitive, sa position s’inscrit dans une logique de continuité encadrée, visant à éviter une rupture institutionnelle. Pour Smith Augustin, sauver le dialogue politique est possible, indispensable et passe par une solution haïtiano-haïtienne inclusive, construite avec le CPT et respectueuse de la souveraineté nationale.
À l’approche du 7 février, le défi majeur reste la capacité des acteurs politiques à s’entendre sur un minimum de consensus, afin que cette date ne devienne pas un nouveau facteur de crise dans un pays déjà profondément éprouvé.
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