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Affaire Normil Rameau : Pierre Espérance dénonce une persécution politique déguisée en procédure judiciaire

Le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, dénonce ce vendredi 30 janvier 2026 une offensive judiciaire contre l’ancien Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Normil Rameau. Selon le défenseur des droits humains, cette procédure, basée sur des interprétations erronées de rapports internationaux, s’apparente à une persécution politique orchestrée par l’ennemi de l’ancien responsable.

Pierre Espérance a vivement réagi à l’invitation adressée à Normil Rameau par le juge Walter Wesser Voltaire devant la chambre d’instruction criminelle. Cette convocation s’inscrit dans le cadre de la disparition de munitions au sein de l’institution policière, une démarche que le RNDDH qualifie de manœuvre de marginalisation systématique. Selon le défenseur des droits humains, l’ancien chef de la police est la cible d’une persécution déguisée en procédure judiciaire régulière, utilisant un rapport de l’ONU comme simple prétexte politique.

L’origine de l’imbroglio remonte à un rapport du comité de sanctions des Nations Unies faisant état de la disparition d’environ un million de cartouches au sein de la police dominicaine en 2023. Bien que la justice dominicaine ait déjà arrêté une dizaine de personnes au début de l’année 2024, Pierre Espérance souligne que cette affaire ne concerne en rien les autorités haïtiennes de l’époque. Il martèle que Normil Rameau n’a aucune implication personnelle dans ce dossier transfrontalier.

Le directeur du RNDDH pointe du doigt une manipulation flagrante des faits par le Parquet de Port-au-Prince. Selon lui, des individus tels que Byron Odigé et Rony Timothée, connus pour leur hostilité envers l’ancien DG, auraient instrumentalisé ce rapport pour porter plainte. « Le Commissaire aurait dû classer ce dossier sans suite, faute de matière, mais il a choisi de servir les ennemis de l’ex-DG en émettant un réquisitoire d’informer », fustige-t-il.

La procédure est également jugée irrégulière sur la forme par le responsable du RNDDH. Pierre Espérance dénonce notamment le fait que l’invitation du juge d’instruction ait été acheminée à l’Inspection Générale de la PNH, une instance dont Normil Rameau ne dépend plus administrativement. Pour lui, cette manière de procéder vise avant tout à médiatiser l’affaire pour salir la réputation d’un ancien haut fonctionnaire de l’État.

Le fond de l’acharnement serait intimement lié à la détermination dont a fait preuve Normil Rameau dans la lutte contre le grand banditisme. Pierre Espérance rappelle que l’ex-DG avait osé s’attaquer à des figures influentes, notamment en procédant aux arrestations de Magalie Habitant et de l’ancien député Prophane Victor. Ces deux personnalités sont présentées comme des « barons » du parti PHTK ayant longtemps bénéficié d’une forme d’impunité.

Pierre Espérance va plus loin en accusant nommément le Commissaire du Gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval, de préparer le terrain pour le retour politique de l’ancien président Michel Martelly. En « liquidant » les dossiers gênants pour le clan PHTK tout en persécutant ceux qui ont combattu le crime organisé, le chef du Parquet se comporterait, selon lui, comme un instrument politique plutôt que comme un magistrat impartial.

Cette dérive ne serait pas un cas isolé selon les observations du RNDDH. Pierre Espérance fait un parallèle direct avec le dossier du maire de Port-au-Prince, Youri Chevry. Dans ce cas précis, il accuse le Commissaire de se comporter en simple « auxiliaire de la police » en se soumettant aux dictats de la DCPJ. Cette tendance à transformer la justice en outil de répression inquiète sérieusement les organismes de surveillance.

Pierre Espérance condamne fermement ce qu’il qualifie de « complot » et affirme que cette tentative de déstabilisation ne passera pas. Il réitère que l’ex-DG n’est nullement impliqué dans un quelconque trafic d’armes. Pour lui, il est impératif de stopper l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins partisanes et de règlements de comptes.

La rédaction de Levoiciinfonews

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