Il y a des images qui choquent plus que des mots. Voir des dirigeants sourire, célébrer, se congratuler pendant que le peuple haïtien s’enfonce dans la misère est une offense morale. Quand le CPT donne l’impression de danser pendant que la nation pleure, ce n’est pas seulement une erreur politique : c’est une trahison historique.

Haïti vit l’une des périodes les plus sombres de son existence moderne. Insécurité généralisée, faim, déplacements forcés, écoles fermées, hôpitaux à bout de souffle. Et pourtant, au sommet, règne une légèreté indécente, un pouvoir sans cap, sans vision, sans responsabilité. Le CPT devait être une transition salvatrice ; il est devenu le symbole d’un vide.
L’incompétence n’est plus une accusation, c’est un constat. Gouverner, ce n’est pas occuper des sièges ni multiplier des communiqués. Gouverner, c’est protéger, décider, assumer. Or le CPT semble gérer le provisoire comme une rente, l’échec comme une normalité, la souffrance comme une statistique.
À l’Institut Dessalinien, nous dénonçons avec force cette gouvernance hors-sol, déconnectée du réel, incapable de ressentir la douleur du peuple qu’elle prétend diriger. On ne reconstruit pas un pays avec des slogans. On ne rétablit pas l’ordre avec des promesses creuses. On ne restaure pas la dignité en méprisant la misère.
Le plus grave est l’insulte faite à la mémoire des luttes haïtiennes. Dessalines n’a pas combattu pour que le pouvoir devienne un spectacle pendant que le peuple saigne. L’autorité, dans la tradition dessalinienne, est un fardeau sacré, jamais une fête.
Haïti n’a pas besoin de gestionnaires du chaos. Haïti a besoin de dirigeants courageux, compétents, enracinés, capables de dire la vérité, de prendre des décisions difficiles et de rendre des comptes. Chaque jour perdu par le CPT est un jour volé à l’avenir de la jeunesse.
Le peuple regarde. L’histoire observe. Et elle n’oublie jamais ceux qui ont choisi de danser quand il fallait se lever.
Institut Dessalinien
La dignité du peuple avant les privilèges du pouvoir.
Théodule Paul
Président de l’Institut Dessalinien










