Il existe des échecs politiques.
Il existe des trahisons morales.
Et puis il existe le CPT, symbole achevé de la faillite, du cynisme et du mépris absolu envers le peuple haïtien.

Après deux années d’errance, d’inaction, de mensonges et de lâcheté, les membres du Conseil Présidentiel de Transition osent aujourd’hui réclamer une prime de départ. Oui, une prime. Comme si l’échec méritait récompense. Comme si la destruction d’un pays ouvrait droit à indemnisation.
C’est un scandale.
C’est une insulte.
C’est un braquage institutionnel.
Le CPT n’a rien reconstruit.
Il n’a rien sécurisé.
Il n’a rien réformé.
Il n’a rien protégé.
Sous sa gestion, l’État a reculé, les gangs ont avancé, la peur s’est installée, la population a fui, et la nation a sombré. Le CPT n’a pas échoué par manque de moyens, mais par absence totale de volonté, de courage et de sens de l’État.
Pendant que le peuple comptait ses morts, le CPT comptait ses privilèges.
Pendant que les familles perdaient leurs maisons, le CPT négociait ses avantages.
Pendant que la jeunesse perdait son avenir, le CPT perdait… du temps.
Réclamer aujourd’hui une prime de départ après un tel désastre relève non plus de l’incompétence, mais de la prédation. C’est agir comme de véritables voleurs de la République, pillant jusqu’au dernier souffle d’un État déjà exsangue. C’est participer, moralement et politiquement, à un crime contre la nation.
Dans tout pays sérieux, un tel bilan conduirait à des enquêtes, à des audits, à des sanctions. En Haïti, on ose parler de primes. Voilà le niveau de dégradation morale auquel nous sommes arrivés.
Le CPT n’a droit ni à la reconnaissance, ni à la récompense, ni à l’indulgence de l’histoire. Il doit rendre des comptes. Devant le peuple. Devant la mémoire des victimes. Devant l’avenir volé de la jeunesse.
Haïti ne peut plus tolérer que l’échec soit rentable.
Haïti ne peut plus accepter que la souffrance du peuple finance le confort de ses dirigeants.
Haïti doit rompre définitivement avec cette élite politique qui confond service public et butin de guerre.
La prime que mérite le CPT n’est pas financière.
C’est celle du jugement de l’histoire.
Théodule Paul
Président de l’Înstitut Dessalinien


