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HAÏTI: L’URGENCE D’UNE RUPTURE AVEC UNE CLASSE POLITIQUE DISCRÉDITÉE

Par l’Institut Dessalinien
27 décembre 2025

Haïti traverse une crise multidimensionnelle dont la gravité ne peut plus être réduite à une succession de catastrophes conjoncturelles. Insécurité chronique, effondrement institutionnel, paralysie économique, exode massif : ces réalités ne sont pas des accidents de l’histoire. Elles sont le résultat d’un échec politique structurel, porté par une classe dirigeante qui a durablement failli à sa mission.

Depuis plusieurs décennies, la vie politique haïtienne est marquée par la reproduction des mêmes acteurs, des mêmes pratiques et des mêmes logiques de pouvoir. Sous couvert d’élections, de transitions ou de compromis politiques, une élite s’est maintenue aux commandes de l’État tout en vidant progressivement les institutions de leur substance. Gouverner est devenu un exercice de survie politique et de préservation d’intérêts privés, bien plus qu’un service rendu à la nation.

L’Institut Dessalinien soutient que le salut d’Haïti passe par une rupture claire avec cette classe politique désormais dépourvue de légitimité morale. Il ne s’agit ni d’un appel à la violence ni d’une remise en cause de l’ordre démocratique, mais d’une exigence de refondation profonde. Aucun pays ne peut se reconstruire durablement sans remettre en question les élites qui ont conduit à son effondrement.

L’argument selon lequel la classe politique haïtienne aurait échoué par manque de moyens ou par contraintes extérieures ne résiste plus à l’analyse. Les ressources, l’aide internationale et les opportunités n’ont jamais totalement manqué. Ce qui a fait défaut, en revanche, c’est une vision nationale, une éthique de gouvernance et un sens aigu de la responsabilité historique. Pendant que la population s’enfonçait dans la précarité, les dirigeants négociaient des arrangements politiques, se protégeaient mutuellement et évitaient toute reddition de comptes.

Indexer la classe politique haïtienne, c’est refuser l’oubli organisé. C’est nommer les responsabilités, exiger la transparence et mettre fin à la culture de l’impunité qui permet aux mêmes acteurs de se recycler indéfiniment. La stabilité ne peut pas être obtenue au prix de l’amnésie collective. Elle repose, au contraire, sur la vérité, la justice et le renouvellement des élites.

L’histoire fondatrice d’Haïti, portée par la figure de Jean-Jacques Dessalines, rappelle que la liberté n’a de sens que lorsqu’elle est indissociable de la dignité et de la responsabilité. Aujourd’hui, la révolution dont Haïti a besoin n’est ni militaire ni insurrectionnelle : elle est morale, institutionnelle et politique. Elle suppose l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, formés, compétents et redevables devant le peuple.

La communauté internationale, souvent prompte à gérer l’urgence sécuritaire ou humanitaire, doit également revoir son approche. Soutenir indéfiniment un statu quo politique discrédité ne fera que prolonger la crise. Les solutions durables pour Haïti passent par l’accompagnement d’une transformation politique réelle, fondée sur la responsabilité et le renouvellement.

Haïti mérite une gouvernance à la hauteur de son histoire et des sacrifices de son peuple. Le temps de la complaisance est révolu. La rupture politique n’est plus une option, mais une nécessité vitale.


Théodule Paul
Président de l’Institut Dessalinien

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