Plusieurs dizaines de proches, d’étudiants et de membres de la société civile ont défilé ce dimanche 15 février 2026 à Pétion-Ville pour exiger que toute la lumière soit faite sur la mort de Neïssa Tima, dont le corps a été découvert le 26 janvier dernier à Morne-Brun, dans une voiture.
Trois semaines après la découverte macabre du corps de Neïssa Tima, étudiante de 19 ans en deuxième année de Gestion financière à l’Université Quisqueya (UNIQ), l’émotion reste vive. La marche, qui a débuté dans une ambiance de recueillement et d’indignation, visait à dénoncer la lenteur de la procédure judiciaire et à réclamer l’arrestation des suspects, notamment celle du docteur Mackendy Dorlus.
Les protestaires, pancartes en main, vêtus de blanc, ont parcouru plusieurs rues de Pétion-Ville avant de se rendre à Morne-Brun, précisément devant l’hôpital Plurimédic. C’est à cet endroit que le corps de la jeune femme avait été retrouvé sans vie à l’intérieur d’un véhicule. Sur place, un hommage symbolique a été rendu avec le dépôt d’une gerbe de fleurs, d’une photo de la victime et de bougies allumées.
L’avocat de la famille, Me Jean-Michel Saint-Cyr, a exprimé une confiance mesurée envers le commissaire du gouvernement, tout en soulignant l’urgence d’accélérer les procédures. Selon lui, le dossier suit son cours au cabinet d’instruction et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Cependant, la famille subit une double peine : le corps de la victime est toujours conservé à la morgue, et l’autorisation légale nécessaire pour procéder aux funérailles fait toujours défaut.
Pour Me Saint-Cyr, ce cas doit représenter « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » face à l’insécurité croissante qui touche les jeunes.
Le père de la victime, Nobert Tima, a partagé son immense douleur, précisant que Neïssa était sa fille unique. Il a pointé du doigt les zones d’ombre entourant l’intervention du Dr Dorlus, affirmant que ce dernier aurait déplacé le corps sans constat légal préalable. « Je ne dis pas que le docteur est impliqué à 80 ou 90 %, mais puisqu’il a déplacé le corps sans constat, il doit répondre aux questions de la justice », a-t-il déclaré.
La marche a également été marquée par la présence de camarades étudiants. Une jeune femme présente dans le cortège a interpellé les autorités sur la nécessité d’approfondir l’enquête technique, notamment concernant le véhicule dans lequel le corps a été retrouvé.
Elle a rappelé que ce drame s’inscrit dans un contexte alarmant de recrudescence des violences faites aux femmes et aux filles en Haïti, exigeant que le cas de Neïssa serve d’exemple pour briser le cycle de l’impunité.
La rédaction Levoiciinfonews








