L’espoir fut de courte durée. Alors que le nom d’Uder Antoine circulait avec insistance pour prendre les rênes du ministère de la Planification, promettant un retour à la rigueur technocratique et à la mémoire institutionnelle, le verdict est tombé, laissant un goût amer dans la bouche des observateurs. Le choix du gouvernement conduit par Alix Didier FILS-AIMÉ s’est porté sur une autre figure, et ce choix, force est de constater, sonne comme un premier échec.
Le reniement de la compétence
En écartant un profil comme celui d’Uder Antoine, ancien Secrétaire général de la Primature, fin connaisseur des rouages de l’État et artisan reconnu de la réforme administrative, l’exécutif a délibérément tourné le dos à la stabilité et à l’expertise. M. Antoine incarnait cette mémoire institutionnelle rare, cette capacité à transformer l’administration plutôt qu’à la subir. Sa mise à l’écart est un signal désastreux envoyé à une nation qui réclame pourtant des gestionnaires aguerris pour sortir de la crise.
Sandra Paulemon : un choix entaché de controverses
À la place de ce stratège, c’est Mme Sandra Paulemon qui a été nommée. Loin d’être anodin, ce choix est immédiatement apparu comme problématique à plus d’un titre. Épouse de M. Assad Volcy, journaliste et communicant bien connu mais également sanctionné par le département du Trésor américain pour son implication présumée dans des réseaux criminels, son arrivée à la tête d’un ministère aussi stratégique soulève de graves questions sur les critères ayant guidé cette décision.
Au-delà de cette ombre portée par son environnement conjugal, c’est le profil même de la nouvelle ministre qui interpelle. Dans un poste où la rigueur intellectuelle, la lecture fine des dossiers et la capacité de rédaction sont des prérequis absolus pour négocier avec les partenaires internationaux et planifier le développement national, sa désignation laisse perplexe. Gérer la Planification, ce n’est pas occuper le terrain médiatique ou bénéficier d’influences ; c’est maîtriser des concepts complexes, rédiger des documents stratégiques et comprendre les arcanes budgétaires. Or, force est de constater que le parcours de la nouvelle ministre ne semble pas refléter l’expertise requise pour un tel poste.
Un signal dangereux pour la gouvernance
Ce choix, effectué sous l’influence présumée de son époux, semble bien plus dicté par des considérations obscures que par l’intérêt général. En nommant une personne sans expertise avérée à un poste clé, le gouvernement Alix Didier Fils donne l’impression de céder à des pressions plutôt que d’imposer une ligne de compétence.
Pendant ce temps, Uder Antoine, lui, reste sur le quai. Et avec lui, c’est une partie de la crédibilité du nouveau gouvernement qui s’éloigne un peu plus.
Un pari risqué pour l’avenir
En choisissant Sandra Paulemon, le Premier ministre n’a pas seulement écarté un homme de valeur ; il a choisi l’incertitude contre la garantie, l’influence contre l’intégrité. Ce choix, marqué du sceau de la controverse, risque de peser lourd sur la capacité du ministère de la Planification à relever les défis colossaux qui l’attendent. Le pays, lui, attendra de voir si cette nomination est une erreur de parcours ou le signe inquiétant d’une dérive plus profonde. Pour l’instant, la déception est à la hauteur de l’espoir que le profil d’Uder Antoine avait suscité.
La rédaction Levoiciinfonews













