Selon un rapport du RNDDH publié le 11 avril, des membres du gang Gran Grif ont mené une attaque meurtrière contre des civils, causant la mort d’au moins 70 personnes dans la nuit du 28 au 29 mars 2026 à Jean Denis, localité de la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite. Survenue vers 2 heures du matin, l’attaque a également fait des dizaines de blessés, provoqué d’importants incendies et entraîné le déplacement de plus de 5 000 habitants.

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) précise avoir conduit une enquête basée sur des témoignages de survivants, de responsables judiciaires et d’acteurs locaux. L’organisation affirme que cette attaque s’inscrit dans un contexte d’aggravation continue de l’insécurité dans le département de l’Artibonite.
Selon les informations recueillies, des signes annonciateurs de l’attaque circulaient depuis plusieurs semaines dans la région. Malgré ces alertes, aucune mesure efficace n’aurait été prise par les forces de l’ordre pour prévenir l’assaut.
Le rapport évoque également des accusations graves de collusion entre certains agents de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) et des groupes armés. Des policiers auraient fourni des armes, des munitions et des informations stratégiques aux gangs, facilitant ainsi leurs opérations.
Trois hypothèses principales sont avancées pour expliquer le massacre. La première concerne des conflits liés au vol de bétail et à l’interception de cargaisons suspectes par une coalition d’autodéfense locale.
La deuxième hypothèse évoque des représailles du gang Gran Grif après des saisies répétées d’armes et de munitions destinées à ses membres, ce qui aurait suscité la colère de son chef.
Enfin, une troisième piste met en avant une lutte pour le contrôle territorial entre groupes armés, notamment pour l’installation de postes de rançonnement sur des axes routiers stratégiques, dont la route nationale numéro 1.
Le déroulement de l’attaque révèle une opération coordonnée. Les assaillants ont d’abord investi la zone de Pont Benoît avant de progresser vers Jean Denis, attaquant plusieurs localités sur leur passage.
Face à eux, la coalition d’autodéfense a tenté de résister pendant plusieurs heures. Cependant, en infériorité numérique et logistique, elle a été contrainte de se replier, laissant les civils sans protection.
Les violences commises sont décrites comme particulièrement atroces. Des habitants ont été exécutés à bout portant, d’autres abattus en tentant de fuir. Des maisons ont été incendiées avec leurs occupants à l’intérieur, tandis que des commerces ont été pillés puis brûlés.
Le bilan humain est lourd : au moins 70 morts, dont des enfants, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Plus de 30 personnes ont été blessées et une autre est portée disparue.
Sur le plan matériel et humanitaire, les conséquences sont considérables. Au moins 23 maisons et commerces ont été incendiés, et 5 291 personnes ont été déplacées, certaines trouvant refuge à Saint-Marc ou dans des zones voisines.
Le RNDDH dénonce l’inaction des autorités après le drame, soulignant l’absence d’assistance aux victimes et le manque de suivi judiciaire. L’organisation appelle à des mesures urgentes pour rétablir la sécurité, sanctionner les responsables et soutenir les populations affectées.
Le Voici Info News (LVIN)
